There're answers to darkest time... Little love, you'll see, life is easy

There're answers to darkest time... Little love, you'll see, life is easy
Besoin dévorant d'écrire, pour ne rien dire, m'évader quelques instants, me confier au vide... Le Net, prodige de communication: des milliers de voix isolées, qui résonnent, se croisent, s'ignorent, s'entrechoquent, mais jamais vraiment ne se parlent... Que des échos de nous-même?

Mes doigts glissent sans fin sur le clavier, de touche en touche, de mot en mot.

Phobie du vide.
Peur de la feuille blanche?
En fait je crois bien que j'ai peur de tout. Si seulement je pouvais déconnecter mes entiments, seulement quelques econdes. Cesser de réfléchir, de réfléchir et de réfléchir... Cessr d'avoir toujours si mal.
Ecrire est ma pire obsession, un jeu, une passion. Un moyen extarordinaire de m'évader, de lacher prise avec le réel, de cesser de souffrir. C'est mon oxygène à moi, mon monde en dehors du temps, ma mise ntre parenthèses.

Manque total d'idées, dégoûtée de tout. De moi. De nous surtout.
De ce que nous sommes, de ce que nous avons fait.

Finalement ce n'était encore une fois que des conneries, le vent n'emporte rien du tout. Non, rien du tout.
Je devrais probablement arrêter de rêver, j'aurais sûrment moins mal au réveil... Tout simplement.

# Posté le samedi 24 février 2007 11:49

Modifié le samedi 12 juillet 2008 09:35

aller simple pour l'enfer

aller simple pour l'enfer
Pauvre poupée brisée.

Elle avait cru trouver un aller simple pour l'oubli, un moyen d'échapper enfin à sa vie si terne, si dure, si sombre. Un morceau de paradis échoué au fond d'une seringue...
Rapidement son existence devint une sorte de rêve, perdu entre réalité et délire, dans un monde connu d'elle seule. Elle était enfin elle-même, et enfin elle était heureuse. Désespérement heureuse. Elle abandonnait son corps, n'avait plus conscience de rien, sauf de cette cavalcade sans fin en elle, et de ce soleil qui coulait lentement dans ses veines. Elle flottait où rien ne pouvait l'atteindre, elle se libérait enfin de ses chaînes de larmes et de douleur, portées si longtemps. Si longtemps.
Mais les rêves sont fragiles, teriblement fragiles... Le temps passait et le corps reprit ses droits. Violemment. Le manque s'installa aux creux de chacun de ses souffles, sans cesse, cruel, intolérable. Elle sentait chacune de ses cellules hurler, elle devenait comme folle, possédée par cette douleur. Elle se jetait contre les murs pour ne plus sentir ce feu qui la rongeait, criait, se griffait ,se mordait, se brûlait, se détruisait. Obsédée par ce qui provoquait tant de souffrance. Cette lente agonie.

Puis elle comprit aux regards incessant que lui jetaient les hommes qu'il y avait un moyen tellement, tellement simple...
Elle se livra alors sans retenue, ne laissant aucun répit à ce corps qui la faisait tant souffrir, s'empêchant de réfléchir. Elle était devenu un bloc de douleur, échoué au plus profond de la misère, où la seule lumière qui pouvait encore l'atteindre était celle du plafonnier, avant que l'homme ne l'éteigne pour prendre possession d'elle.
Elle ne pensait plus qu'à cette paix et cette chaleur qui l'engloutiraient enfin une fois la seringue reposée.
C'était devenu sa seule raison de survivre, de résister à l'horreur de sa vie. Si sa chair ne lui appartenait plus, son esprit lui n'avait pas encore totalement cédé, et il ne rêvait plus que de repartir. Ailleurs. Pitié.


Elle gît là, seule sur le parquet glacial, abandonnée de tous, et surtout d'elle-même. Pleurant des larmes de ténèbres, aussi sombres que son sang. Elle s'injecte une dernière dose.
Pauvre poupée brisée.

# Posté le dimanche 25 février 2007 08:13

Modifié le samedi 12 juillet 2008 09:36

mélancolie d'un ange

mélancolie d'un ange
Elle.
Elle n'en peut plus... Elle a tenté de résister jusqu'au bout de ses forces. Mais elle sait que bientôt elle cèdera. Elle est encore si jeune, mais déjà si vieille. Comment expliquer autrement toutes ces larmes versées dans le noir, lorsque le désespoir se faisait trop violent et que le silence se transformait en longs hurlements? Son esprit part en lambeaux. Ses rêves s'éparpillent. Tout vole en éclats tourbillonants. Tellement tranchants.

Sa vie la dégoûte, une vie comme tant et tant d'autres, mais qu'elle n'arrive désesperément plus à supporter...
Des amis sans réel intérêt, pareils à tant d'autres, qui braillent à longueur de journée les mêmes inepties, en se forçant à rire bruyament pour tromper leur ennui et leur mal-être. Tout cela sonne tellemnt faux, comme des instruments désacordés qui s'obstineraint à jouer inlassablement la même partition joyeuse, alors que visiblement il ne possèdent que les cordes des pleurs et de la violence.

Des parents absents, toujours pris par leur boulot ou leurs amis: ils ne l'avaient pas désiré, "erreur de parcours" comme ils se plaisaient à le répéter, en ne rigolant la plupart du temps qu'à moitié... Elle pense souvent qu'elle n'avait fait que leur gâcher la vie, en les encombrant perpétuellement... Jamais ils ne lui avaient dis je t'aime ni même ma chérie, tous ces mots apaisants et essentiels que chaque enfant doit entendre au moins une fois dans sa vie. Elevée sans amour, elle était incapable maintenant d'aimer.
De toute façon, aucun garçon ne l'avait jamais regardée, elle n'intéresse absolument personne. Cachée derrière ses cheveux filasses et des habits informes, elle fait tout pour passer inaperçu et éviter les regards. Si elle avait eu les moyens de se rendre invisible, depuis longtemps plus personnne ne l'aurait vu...
Elle se sent toujours si seule, comme si personne au monde ne pouvait la comprendre. Pourtant elle voudrait tellement partager ce qui se passe dans sa tête. Parfois elle a l'impression de devenir folle, elle se sent partir, dériver dans ses pensées, sans rien pour se raccrocher. Pas de bouée à l'horizon. Abandonée de tous et perdue en elle-même.
Elle sait que tout le monde passe par là un jour ou l'autre. Mais elle, elle ne peut pas le supporter, elle n'en a ni la force, ni l'envie. Elle sait qu'elle ne vaut pas mieux que les autres. Plus rien ne l'intéresse, tout ce béton autour d'elle lui donne envie de vomir et de hurler, elle qui a tant besoin de grands espaces, d'air pur. Elle n'est pas née au bon endroit. Ni au bon moment.
Elle ne peut plus voir la beauté autour d'elle, elle ne perçoit plus que la violence, la laideur, la misère, la peur, le désespoir. Tout ce qu'il y a en elle en définitive. Et qui la ronge. Sans espoir.
Alors elle rêve en contemplant le ciel et les nuages, elle rêve de grand amour, de fuite éperdue, de liberté. Elle rêve, tout simplement.
***
Elle monte sur le toit et se perd dans les étoiles. Elle aimerait tellement... Elle pleure une dernière fois.
Elle déploie soudain ses ailes, et se jette dans les ténèbres. Lumière.

***
« Une jeune fille se suicide en sautant du 25ème étage de sa tour. Le débat est relancé sur le mal-être des jeunes. Les prix du pétrole n'en finissent pas de grimper., et...... ».

Banalisation de la mort.

# Posté le dimanche 25 février 2007 11:31

Modifié le mercredi 28 mai 2008 11:07

**une part de nous**

**une part de nous**
Elle le cherche toujours. Son corps ne cesse un seul instant de le réclamer.
Lorsque pour la première et unique fois elle l'a vu, elle a su que c'était lui. Lui qui avait été fait pour s'emboîter dans chacune de ses failles. Il était son parfait opposé. Donc son double. La vie qui battait à l'unisson avec la sienne. Ce qui lui avait toujours manqué sans qu'elle en ait réellement conscience. L'explication de son mal-être. La douleur lancinante au fond d'elle s'était tue pour la première fois de son existence.

Elle s'était nettement sentie décoller en même temps que tomber sans fin. Elle n'avait rien pu prononcer: les mots ne sont plus d'aucune utilité dans ces moments là, ils sont devenus tellement obsolètes. Elle n'avait plus qu'une envie, que cet instant dure pour l'éternité, elle face à lui, lui face à elle.

Mais lorsqu'elle souleva ses paupières, il avait disparu. Sans laisser de trace.
Depuis elle le cherche. Sans relâche.
Elle refuse tout simplement d'admettre qu'il n'ait pu exister que dans ses rêves, elle sait au fond d'elle qu'un jour il reviendra et qu'à nouveau il se tiendra face à elle, exactement comme cette fois là.
Elle passa sa vie à le chercher.
Comme nous tous.

# Posté le dimanche 25 février 2007 12:17

Modifié le mercredi 28 mai 2008 11:10

il paraît que l'amour fait vivre...

il paraît que l'amour fait vivre...
Elle se poste derrière la petite fenêtre, comme chaque jour.
Elle scrute sans relâche l'horizon, ce petit chemin qui doit, qui va, elle le sait, lui apporter la délivrance. Les minutes puis les heures défilent, mais elle n'a plus conscience du temps qui passe. Seul compte ce chemin. Elle se persuade que bientôt une vieille voiture va bruyamment arriver dans un nuage de poussière. Et qu'il en descendra, un sourire radieux tendu en travers de son visage.
Elle se plonge dans ses souvenirs pour oublier sa solitude et sa détresse. Elle se remémore son visage, ses yeux si purs, son sourire extraordinaire, éclatant, comme un soleil qui avait séché ses larmes et chassé les ombres de sa vie. Exactement comme dans les romans d'amour qu'elle lisait en secret étant jeune fille, roulée en boule dans le foin ou allongée dans les herbes hautes de la lande, lorsqu'elle se disait qu'elle aussi un jour, elle serait comme ses héroïnes tant admirées, elle connaîtrait la folie destructrice de la passion... Ce qui effectivement avait été le cas. Autrefois.
Puis soudain la nuit qui s'était insidieusement glissée jusqu'ici tomba brutalement, engloutissant tout dans sa chape de ténèbres. Elle se tord les mains de désespoir et serre violement ses lèvres déjà exsangues pour empêcher les sanglots qu'elle sent croître au fond d'elle d'éclater. Quelques larmes perlent au coin de ses paupières et roulent lentement sur ses joues, traçant un sillon de douleur sur sa peau.
Puis elle se force à sourire, un léger tremblement aux commissures des lèvres, et elle se dit que tant pis, ce n'est pas grave aprsè tout, ce sera pour demain...
Mais en 1947, cela fait déjà longtemps que tous les hommes sont rentrés chez eux.

# Posté le samedi 03 mars 2007 13:57

Modifié le mercredi 28 mai 2008 11:29